Anicia escalade culinaire

Par · 14 février 2016

Anicia

On parle de “naturalité”, de bio, de petits producteurs… Tout ça est bien beau, et encourageant, mais encore faut-il que le goût suive. J’ai une tendance à me méfier des restaurants qui mettent trop en avant leur positionnement vert et sain. Lorsqu’une certaine Ptipois me proposa d’aller déjeuner accompagné de deux compagnons portés sur la chose gastronomique chez Anicia, je fus donc partagé entre la confiance que mes papilles font a priori à Sophie Brissaud, et le doute d’un lieu qui se revendique “bistrot nature”.

J’avais tort, bien évidemment, et je le découvris petit à petit.

Anicia - Velouté de Paris, copeaux de jambon paysan, fourme de Valcivières

Velouté de Paris / copeaux de jambon paysan / fourme de Valcivières
Entrée en douceur avec ce velouté de champignons qui, disons le franchement, laissait un peu à désirer… La soupe n’était pas assez assaisonnée, et ni le jambon, ni le fromage n’apportaient assez d’électricité pour la réveiller. Légèrement trop épaisse, je gobais l’affaire sans faire de vague, et en me demandant (soyons honnête) si la gentiane prise à l’apéritif n’avait pas anesthésié mon palais, m’empêchant de déceler les subtilités de ce plat.

Anicia - Saint-Jacques françaises, salsifis brossés, poire, suc d'oursin

Anicia - Conchiglie au suc d'oursin

Saint-Jacques françaises / salsifis brossés / poire / suc d’oursin
Première bouchée, même impression… Et alors que la conversation commence à tourner autour de ces méchants blogueurs qui éclatent un restaurant en n’y ayant mis les pieds qu’une seule fois, je commence à me faire tout petit en espérant ne pas décevoir mes convives avec ce futur article… Mais heureusement, le vent tourna, délicatement, d’abord une brise iodée, salée, le suc d’oursin sans doute, puis de la texture croquante, un gout léger et terreux, des salsifis maitrisés à la perfection, tout comme ces Saint-Jacques qui se révélaient bouchée après bouchée, sensualité et équilibre. La note douce de la poire n’était pas une coquetterie, elle apportait un contrepoint raffiné à ce mets qui, une fois fini, léché, saucé, se révéla être parfaitement harmonieux.

Accompagné de conchiglioni al dente, elles apportaient le support glucidique nécessaire à faire glisser tout ça tout seul…

Anicia - Marron Imbert, soupe crémeuse au whisky, glace topinambour

Marron Imbert / soupe crémeuse au whisky / glace topinambour
Je vous ai promis une escalade, nous voici donc au sommet. Pas besoin de froncer les sourcils, de se concentrer ou même d’intellectualiser la glace au topinambour. Ce dessert fut la cime de ce déjeuner. Le marron glacé conservait structure et identité, et tous les autres éléments s’accordaient à la perfection sans remous. Le genre de dessert qui, sous ses airs sophistiqués, vous replonge en enfance, et dont vous aimeriez qu’il ne finisse jamais.

Essai transformé pour François Gagnaire, chef du restaurant, qui envoie une cuisine suave et précise, avec une joie et une sincérité communicative. Je crois bien que la prochaine fois, je ne prendrai pas de gentiane en apéritif, et aussi peut-être que je rangerai mes a priori sur les restos “nature”…

Anicia
97 rue du Cherche-Midi
75006 Paris, France
Tél. : 01 43 35 41 50
www.aniciabistrot.com

Ouvert du mardi au samedi, à partir de 12h puis à partir de 19h15 (le restaurant fait salon de thé entre 15h et 18h).

Ce midi, le prix par personne fut d’environ 50€ (avec ma gentiane, une bouteille de vin pour 4, et plusieurs cafés).

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Publié dans Paris 6e, Restaurants
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