Brie gourmand le pied en couche-culotte

Par · 17 novembre 2013

Brie gourmand

L’autre jour, en parcourant le forum culinaire Chowhound, je suis tombé sur un message intrigant de Ptipois, alias Sophie Brissaud. Elle y faisait mention d’une rareté, visiblement de saison, le “brie frais”. Ce fromage n’est autre que le poupon du brie, kidnappé avant d’être délivré à sa cave d’affinage, où on le laisse habituellement reposer deux mois environ, ce brie là est à peine caillé, moulé et prêt à déguster.

Devant une idée aussi alléchante, je me suis rapidement mis en quête de cette chimère mystérieuse.

Brie gourmand

Je ne pense pas être de nature têtue, mais par contre mes papilles… c’est une autre histoire. Il m’aura donc fallu visiter 4 fromagers pour trouver mon bonheur !

Le premier m’a regardé comme on regarde un fou, persuadé que j’inventais l’existence de cette créature mythologique. Pas de communication, il faisait bien froid dans cette fromagerie.

Le second fut circonspect, me posa des questions, d’abord incrédule puis sincèrement intéressé. Comme c’est le fromager le plus proche de chez moi, avec un peu de chance ma visite aura déclenché une suite d’événements vertigineuse dont l’aboutissement sera un beau brie frais présent sur les étals.

Le troisième écarta ma question d’un geste de la main, me proposa de “me faire goûter” deux fromages, ce que j’acceptai. Abracadabra. 12 euros en moins dans mon portefeuille, et un petit sachet avec des fromages pas mauvais mais dont je me serais bien passé.

Le quatrième… le quatrième… je l’ai croisé en sortant de chez un ami. Le déjeuner fut légèrement arrosé, ma vision légèrement nacrée, je rentre, ding ding… Que vois-je ? Mirage ? Une forme ronde appelée brie gourmand, serait-ce…? Je n’ose le croire. J’interroge la fromagère, du brie frais ? Vraiment ? Oui, ça sera tout… je sors la carte bleue, un code, deux codes… ça ne m’arrive jamais, je vous jure… trois codes… elle se bloque. Tant pis, ça sera la carte professionnelle, mon comptable comprendra, les impôts aussi… il y a des choses qu’on ne peut pas repousser à demain.

Ma sortie victorieuse, le brie gourmand dans le sac, je pouvais enfin rentrer chez moi.

Ce fromage, sous ses airs timides, fut exactement tel que je l’imaginais. Léger et à peine pâteux, comme un chèvre frais, avec des notes lointaines de brie, et un arôme fermier d’herbe fraîchement coupée. Au delà de cette découverte gustative non négligeable, je dois dire que l’aspect purement éducatif de cette dégustation n’est pas à mettre de côté. Je pense même qu’on devrait proposer tous les fromages avec un millésime mensuel, pour pouvoir suivre l’évolution de ces petites merveilles bactériologiques pas à pas.

Merci Mme. Brissaud.

Le coup de foudre eu lieu à La Crèmerie, dont les divers spécimens lactés ne m’ont jamais déçu :

La Crèmerie
41 rue de Lancry
75010 Paris, France
Tél. : 01 42 40 17 87

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Publié dans Aventures culinaires, Paris 10e
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